Termes et concepts

asexuel·le / bicatégorisation de sexe bisexuel·le / cisgenre / expression de genre / gay / genre / hétéro-cis-sexisme / hétérosexuel·le / homosexuel·le / identité de genre / intersexe / lesbienne / lgbti+ / orientation sexuelle / osiegsb / réfugié·e / rôle de genre / sexe / sexualité/ transgenre

Remarques importantes :
– l’OSIEGSB est un élément crucial de l’identité d’une personne
– de nombreuses personnes n’utilisent pas ces termes
– le processus de découverte de son OSIEGSB est un long voyage


Réfugié·es lgbti+

réfugié·e : au sens de la Convention de 1951 et de la pratique du UNHCR, la qualité de réfugié·e est de nature déclaratoire : une personne est réfugiée dès le moment où elle fuit son pays, indépendamment de la reconnaissance ultérieure de ce statut. Attention : en Suisse, la terminologie administrative parle de « personnes relevant du domaine de l’asile » et restreint l’utilisation du terme « réfugié·e » aux personnes reconnues comme telles à l’issue de leur procédure d’asile.

lgbti+ : lesbiennes, gays, bisexuel·les, transgenres ou trans*, intersexes ou inter*, et toutes les autres personnes ne relevant pas de l’ordre socialement dominant des sexes, des genres et des sexualités.

osiegsb : orientation sexuelle, identité ou expression de genre, et sexe biologique


Le sexe

Le sexe biologique recouvre l’ensemble des caractéristiques sexués physiques à partir desquelles sont différenciés les corps entre corps masculins et féminins (= les chromosomes, les gonades, les taux d’hormones, les organes génitaux internes et externes et certains aspects de la morphologie ou caractères sexuels secondaires). Le sexe biologique est déterminé par les tiers présents à l’accouchement – médecins, sage-femmes, parents, etc. selon les contextes – après observation des organes génitaux externes de l’enfant.

Bicatégorisation de sexe : processus par lequel est créée cette différenciation des individus en deux – et seulement deux – catégories distinctes, sur la base de critères biologiques. Autrement dit, tout individu est classé dans une des deux catégories de sexe (homme ou femme), généralement sur la base de l’observation de ses organes génitaux externes.

Intersexe : une personne est déclarée intersexe par le corps médical quand l’ensemble créé par ses caractéristiques sexuelles ne permet pas une assignation conventionnelle stricte dans une des deux catégories de sexe reconnues (homme ou femme). Cela peut être apparent à la naissance (organes génitaux externes « ambigus »), se déclarer à l’adolescence ou être découvert seulement à l’occasion d’un examen médical. Une personne intersexe peut s’identifier comme homme, comme femme, ou se considérer en dehors de la bicatégorisation courante. On parle aujourd’hui de personnes inter* pour représenter cette diversité de vécus et d’expériences. Une personne inter* peut être lesbienne, gay, bisexuelle, asexuelle ou hétérosexuelle.


Le genre

Le genre renvoie à la traduction légale et sociale du sexe biologique. L’assignation d’un individu, à sa naissance, au genre masculin ou féminin oriente les attentes de son entourage et de la société. Certains pays comme l’Allemagne, l’Australie, le Népal ou l’Inde reconnaissent un « 3e genre » ou encore n’obligent pas à choisir entre femme et homme.

Identité de genre : sentiment profond que chacun·e a d’être un homme, une femme, entre les deux ou ni l’un·e ni l’autre. Personne à part soi ne peut définir sa propre identité de genre.
Cisgenre : définit une personne dont l’identité de genre correspond au genre qui lui a été assigné à la naissance.
Transgenre ou trans* : définit une personne dont l’identité de genre ne correspond pas au genre qui lui a été assigné à la naissance.

Expression de genre : manière dont une personne extériorise son identité de genre, à travers son comportement et son apparence physique : habillement, coiffure, maquillage, langage corporel, voix, etc.

Rôle de genre: renvoie aux activités et comportements attendus socialement et considérés comme appropriés au genre auquel on est identifié : attitudes, traits de personnalité, métiers, activités, influence sociale, compétences, etc.


La sexualité

L’orientation sexuelle définit l’attirance émotionnelle, affective et/ou sexuelle d’une personne. Il ne s’agit pas uniquement de avec qui on couche, mais de qui on aime et avec qui on se projette.
Il est possible que les comportements sexuels d’une personne ne correspondent pas à son orientation sexuelle. Il est par exemple très fréquent que les personnes LGBTI+ s’engagent dans des relations hétérosexuelles par conformité sociale.

Asexuel·le : personne qui ne ressent pas d’attirance amoureuse et/ou sexuelle.
Bisexuel·le : personne qui ressent une attirance amoureuse et/ou sexuelle pour les personnes de même genre et pour les personnes de genre différent.
Hétérosexuel·le : personne qui ressent une attirance amoureuse et/ou sexuelle pour les personnes d’un autre genre.
Homosexuel·le : personne qui ressent une attirance amoureuse et/ou sexuelle pour les personnes de même genre.
Gay : homme qui éprouve une attirance amoureuse et/ou sexuelle pour des hommes.
Lesbienne : femme qui éprouve une attirance amoureuse et/ou sexuelle pour des femmes.


Remarques importantes

L’orientation sexuelle, l’identité et expression de genre, le sexe biologique sont des éléments cruciaux de l’identité d’une personne.

On ne les évoque généralement que pour parler des expériences des personnes LGBTI+. Pourtant, toute personne a une orientation sexuelle, une identité et une expression de genre, et un sexe biologique. C’est uniquement leur conformité aux normes sociales dominantes qui évite de devoir les nommer.
Le respect de l’OSIEGSB est un droit humain, reconnu internationalement : les êtres humains de toutes orientations sexuelles, identités et expressions de genre et sexes biologiques peuvent se prévaloir d’une pleine jouissance de tous les droits humains, et en particulier de vivre ouvertement et en sécurité leur OSIEGSB sans avoir à la cacher.

> UNHCR, Principes Directeurs n°9 et Principes de Jogjakarta


De nombreuses personnes ne s’identifient pas à ces catégories et n’utilisent pas ces termes, ou pas de cette façon.

Ceci est d’autant plus significatif dans le contexte migratoire, puisque ces termes et leur contenu narratif et symbolique (drapeau arc-en-ciel, culture « gay », etc.) ont été créés en Occident. Et même s’ils se sont largement répandus hors de ce cadre géographique, toutes les personnes concernées ne les connaissent pas.
Par ailleurs, même si les termes sont connus des personnes, elles ne s’auto-définissent pas nécessairement comme telles.
– Les mots peuvent avoir des sens différents : à Cuba, certaines femmes trans* se définissent en tant que « homosexuelles », car ce terme renvoie dans leur langage à un homme efféminé.
– Les mots peuvent être utilisés pour décrire des groupes bien précis : dans de nombreux pays, les hommes « actifs » sexuellement (en opposition à un rôle dit « passif » dans l’acte de pénétration) ne sont pas considérés comme homosexuels.
– Les mots peuvent renvoyer à des identités ou à des comportements refusés par les personnes : ainsi le terme « gay » peut être associé à des revendications politiques ou renvoyer à certains hommes effeminés, et des hommes ayant des pratiques homosexuelles ne se définiront pas comme tels, mais plutôt comme des hommes ayant du sexe avec des hommes (HSH). Idem pour les termes « lesbiennes » et FSF.
L’auto-identification des personnes et la façon dont elles vont exprimer leur OSIEGSB est également largement dépendante de leur contexte culturel, économique, politique, religieux et social.

→ Cette question du vocabulaire et du sens de ces différents termes peut créer de la confusion dans les récits des personnes concernées. Ceci est très important dans l’examen de la vraisemblance de ces demandes d’asile où il n’y a souvent pas de preuves documentées et où le récit est le seul élément d’appui de la demande. Le risque de confusion augmente encore si une traduction est nécessaire.

> sur l’évaluation de la crédibilité des demandes OSIEGSB, voir ici
> sur les défis des traductions pour les demandes OSIEGSB, voir ici


Le processus de découverte de son orientation sexuelle, identité et expression de genre, et sexe biologique est un long voyage.

Le processus de découverte et d’acceptation de son OSIEGSB est habituellement décrit en plusieurs étapes : la prise de conscience de sa différence, puis le coming-in – formulation à soi-même en tant que personne LGBTI+- et enfin le coming-out – expression de son OSIEGSB à quelqu’un.
Les normes sociales de sexe, de genre et de sexualités dominantes, confrontent les personnes LGBTI+, à la fois dans la construction de leurs pratiques et de leur identité, à des situations et des questionnements que les personnes hétérosexuelles et cisgenres ne vivent pas, et qui rendent souvent le processus d’identification et d’acceptation d’une OSIEGSB « autre » extrêmement long et difficile. Ceci est largement documenté dans nos sociétés européennes, où les personnes LGBTI+ sont relativement bien acceptées socialement et leurs droits relativement protégés. On peut légitimement supposer que ces difficultés augmentent dans des sociétés qui criminalisent et discriminent légalement et socialement les personnes LGBTI+, et dans lesquelles ces pratiques et identités sont considérées comme anormales, honteuses, criminelles, etc.
Chaque personne a une expérience complètement personnelle de cette découverte et définition de soi-même, qui dépend largement des contextes politiques, religieux, culturels et sociaux dans lesquelles elle a lieu, mais aussi de chaque individu en tant que tel. Cette expérience peut être liée à des expériences heureuses et associée au plaisir ou au contraire être particulièrement traumatique et associée à la honte.

→ Si ce processus de découverte de soi, spécifique des personnes LGBTI+, est mieux pris en compte aujourd’hui dans l’évaluation des demandes d’asile, on constate parallèlement le recours à une définition normative et stéréotypée de ce qu’il devrait être : un processus linéaire de réalisation de soi et d’identification à une orientation sexuelle ou une identité de genre fixes, claires et immuables, qui trouverait son aboutissement dans le coming-out libérateur.
Ce modèle ne correspond absolument pas à la réalité des expériences de vie des personnes LGBTI+, qui sont toutes personnelles, et de ce fait multiples et ne peuvent absolument pas être réduites à un parcours universellement partagé qui pourrait servir de référence dans l’évaluation de la crédibilité des récits de ces demandes d’asile.

> sur l’évaluation de la crédibilité des demandes OSIEGSB, voir ici